Violence au travail : Halte à la tolérance sociale et à l’inaction coupable des pouvoirs publics et des employeurs!

A l’approche de la journée internationale pour l’élimination des violence contre les femmes le 25 novembre, la CGT dénonce une réalité inadmissible : les violences sexistes et sexuelles au travail restent encore aujourd’hui en France un angle mort des politiques publiques alors que ces violences sont massives et leurs conséquences dramatiques.

Il n’est pas tolérable qu’en France 80% des femmes subissent du sexisme au travail et 20% du harcèlement sexuel (chiffres du Conseil supérieur à l’égalité professionnelle et du défenseur des droits). D’après l’Insee, 10 viols ou tentatives de viol se produisent chaque jour sur les lieux de travail. Qu’elles soient le fait d’employeurs, de supérieurs hiérarchiques, de collègues, d’usagers ou de clients, ces violences portent quotidiennement atteinte à la dignité des femmes, à leur santé physique et mentale, à leur bien-être au travail et hors travail, à leur déroulement de carrière et à leur droit au travail.

Les pouvoirs publics et les employeurs portent, par leur inaction, une lourde responsabilité dans la perpétuation des violences et des souffrances des femmes qui les subissent. La CGT refuse d’en être complice et exige des mesures concrètes. Nous les portons depuis des années et nous l’avons fait encore début 20187 lors de la concertation sur l’égalité professionnelle et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. le gouvernement les a quasi toutes écartées. Idem pendant les négociations dans la Fonction publique alors que l’Etat, les collectivités locales et les hôpitaux sont loin d’être exemplaires en matière de préventions des violences, de protection des victimes et de sanction des auteurs.

Ces deux occasions manquées n’entament en rien notre détermination à obtenir la mise en oeuvre des solutions pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles au travail :

  • faire des violences sexistes et sexuelles un thème de négociation collective obligatoire au même titre que la suppression des écarts de rémunération,
  • rendre obligatoires des mesures de prévention et notamment la sensibilisation des salarié.e.s et la formation des managers et des RH,
  • mettre en oeuvre des sanctions contre les employeurs qui n’ont pas de plan de prévention des violences,
  • organiser la protection des victimes et de toutes les personnes qui dénoncent des violences contre les sanctions disciplinaires et contre le licenciement,
  • garantir pour les victimes des aménagements d’horaires, de poste, de congés, de soins, une mobilité fonctionnelle ou géographique à leur demande,
  • accroître les moyens des représentant.e.s du personnel et créer des élu.e.s référent.e.s sur les violences, indépendant.e.s de l’employeur et nommé.e.s par les organisations syndicales avec les prérogatives des DP et des CHSCT supprimés dans le privé par les ordonnances Macron.

Toutes ces mesures sont autant de points d’appui qui nous manquent pour prévenir les violences et aider les victimes. Notre capacité à agir est encore réduite par la baisse continue des effectifs de l’Inspection du travail depuis 10 ans et par la remise en cause des moyens des associations spécialisées comme l’AVFT, unique association entièrement dédiée à l’accueil et à l’aide des femmes victimes de violences au travail. Malgré cela, les élu.e.s et militant.e.s de terrain de la CGT agissent au quotidien et intensifient encore leurs actions, partout et par tous les moyens possibles, pour changer concrètement la vie des femmes au travail.

La CGT marchera partout en France avec #NOUSTOUTES le 24 novembre 2018 pour dénoncer la tolérance sociale à l’égard des violences contre les femmes et pour exhorter le gouvernement à prendre ses responsabilités, à cesser de se payer de mots et à passer enfin aux actes. Et nous continuerons à nous battre par tous les moyens pour les obtenir ! 

novembre 21, 2018