Une mutuelle santé de groupe pour les retraités CGT du Cantal : une initiative innovante et un projet abouti !

L’Union syndicale des retraités (USR) CGT du Cantal est active et il semble intéressant que l’ensemble des adhérents de notre organisation syndicale ait connaissance des projets qu’elle met en place et des luttes qu’elle organise en faveur des retraités.

Voici donc les trois projets qu’elle a décidé de développer au cours de ces derniers mois.

L’Union Syndicales des Retraités CGT du Cantal est l’instance qui, au sein de notre Union Départementale, a pour rôle de préserver les droits des retraités et des personnes âgées et de défendre leurs intérêts face à des mesures gouvernementales qui ne cessent d’accroître les disparités et les inégalités sociales, de grignoter leur pouvoir d’achat, de fragiliser encore davantage les plus précaires, de porter atteinte à leur dignité.

La loi »Hollande » :

Pour répondre à cette mission, la Commission Exécutive de l’USR, à l’automne 2017, est partie du constat qui veut qu’il existe aujourd’hui une très grande inégalité entre les salariés et les retraités au regard de la mutuelle santé. 

En effet, le Gouvernement Hollande a contraint les entreprises de prévoir, à compter du 1er avril 2016, une complémentaire santé pour leurs salariés. Cette mutuelle santé est négociée par l’employeur sur la base d’un tarif de groupe dit « unique et préférentiel ». Le financement de cette mutuelle est assuré, de manière la plus fréquente, à 50% (a minima) par l’employeur et à 50% par le salarié. Mais, à son départ à la retraite, l’ex-salarié ne bénéficie plus du tarif préférentiel. Généralement, il subit une augmentation importante de sa cotisation dont il est désormais s’acquitter pleinement. Après le montant de la pension vieillesse, deuxième choc financier du nouveau retraité !

Un partenariat USR/MCD : 

Fort de cela, la Commission Exécutive de l’USR CGT du Cantal a donc eu cette idée – pour le moins innovante – d’engager des démarches, en vue de proposer aux retraités CGT du Cantal une mutuelle offrant de bonnes prestations, basée sur un tarif préférentiel de groupe, c’est à dire un tarif unique, et ce quel que soit l’âge des adhérents. Cette proposition a débuté en novembre 2017 pour se terminer le 15 mars 2018.

Ce pari un peu fou est aujourd’hui gagné. La Commission Exécutive a mené a bien ce beau projet. Fin avril dernier, elle a pu proposer à tous les adhérents de l’USR CGT du Cantal une offre qui permet à chacun de pouvoir bénéficier d’une couverture complémentaire santé de qualité à un prix concurrentiel, et de pouvoir réaliser ainsi quelques économies, ce qui est appréciable en ces périodes de crise. Certains d’entre eux réaliseront une économie de près de 600€ par an pour une couverture santé bien supérieure. Si ça, c’est pas du concret !

Puis, le 20 septembre dernier, plus d’une quinzaine de camarades ont pu assister à une présentation détaillée de l’offre EOVI MCD, ainsi que des produits de prévoyance qui pourront être choisis à titre individuel par chacun des adhérents.

Christian Auzolle, en sa qualité de Secrétaire de l’USR, a signé le 28 septembre, la convention officialisant ce partenariat avec EOVI MCD dont les clauses prendront effet le 1er janvier 2019 au profit des adhérents CGT retraités et leurs conjoints.

Et si le Président MACRON avait la bonne idée de faire « un copier-coller » de cette belle initiative de la CGT au profit de tous les retraités -anciens salariés- de France ? L’USR CGT Cantal ne lui réclamerait même pas de droits d’auteur !

Les déserts médicaux : une réalité qui nous touche tous de très près !

Il semblerait que les Français vivant dans les grandes métropoles soient toujours de plus en plus nombreux à rêver de grands espaces et de nature, mais à condition toutefois de ne pas être trop éloignés de la Fnac, d’Ikea et de Zara.

La Cantal a beau faire et beau dire pour tenter d’attirer de nouveaux résidents, il faut bien admettre que le département ne séduit guère, y compris les professionnels de santé, qui ne manquent pas de mettre en avant son enclavement géographique, son trop de ruralité, ses voies de communication étriquées, son trop de peu d’activités économiques et commerciales, son niveau de vie relativement chiche, sa faible densité de populations, son aménagement du territoire disparate, son manque de manifestations culturelles et artistiques, son haut-débit qui a du mal à débiter…

Toutes ces raison, bonnes ou mauvaises, font qu’aujourd’hui le Cantal connaît un déficit, sans cesse grandissant, en professionnels de santé qui contraints les cantalous à devoir se rendre dans les départements limitrophes pour se faire soigner, ou bien, et cela est plus grave, à devoir renoncer à des soins, soit parce qu’ils n’en ont pas les moyens financiers nécessaires aux transports, soit parce qu’ils ne disposent pas de moyens de locomotion, soit parce qu’ils n’ont pas la capacité physique ou mentale d’assumer le déplacement.

Un exemple : le Cantal justifie actuellement de 353,4 médecins pour 100 000 habitants contre 421,4 en France. Consciente de ces difficultés, l’USR CGT  du Cantal a eu l’occasion d’évoquer le manque de professionnels de santé avec le Député Descoeur, qui certes n’ignore pas cette problématique, mais qui a avoué ne pas avoir de solution pour y répondre favorablement. A vrai dire, c’est un point qui ne semble pas faire partie de ses priorités voire pire, qui ne semble guère l’intéresser !

La commission exécutive s’est donc emparée de ce sujet lourd de conséquences pour les personnes âgées de notre département qui sont les premières victimes de cette situation. Pour ce faire, elle a mis en place un groupe de travail qui, dans un premier temps, oriente ses travaux vers la médecine de ville. Il a pour mission de dresser un état des lieux, de rechercher des solutions pour tenter d’améliorer la situation démographique médicale dans le Cantal, de rédiger un rapport final qui sera porté à la connaissance notamment des élus du département pour les alerter sur l’urgence qu’il y a d’agir et non d’attendre, comme ils semblent le faire. A suivre …

L’USR à la rencontre des cantaliens :

S’il y a un point qui ne peut être contesté, c’est tout le travail que réalisent au quotidien les forces vives de notre Organisation syndicale au sein des entreprises publiques et privées, des sections syndicales, des unions régionales, départementales, locales..

Et pourtant la CGT, depuis plusieurs années, souffre d’un mal profond et récurrent : son manque évident de communication, ce qui lui est préjudiciable dans la reconnaissance de ses actions et des ses luttes.La question fondamentale qui se pose est de savoir quels moyens elle doit mettre en oeuvre pour faire connaître tout ce qu’elle fait au quotidien, tout le travail de fourmi qu’elle réalise, toute l’énergie qu’elle déploie pour défendre et préserver les intérêts et les acquis des salariés et des retraités ?

Il n’est pas besoin de remonter très loin dans le temps pour démontrer cet état de fait. Nous évoquerons simplement la mesure gouvernementale qui a eu pour effet d’augmenter de 1,7% la CSG au 1er janvier 2018, sur les retraites. 

Pour rappel, l’USR CGT du Cantal travailler depuis l’automne dernier pour dénoncer cette mesure injuste au regard des retraités et les conséquences qu’elle engendre sur leur pouvoir d’achat déjà non dispendieux. Il faut bien reconnaître que ses actions sur ce sujet (conférences et articles de presse, distributions de tracts, manifestations) n’ont pas eu les effets à la hauteur des investissements apportés.

Les retraités cantalous ont certes réagi – mais un peu tard – à la lecture de leur premier bulletin de pension de l’année. Certes, ils n’ont pas manqué de témoigner leur colère vis-à-vis du Gouvernement en signant massivement la pétition proposée par la CGT afin de s’opposer à cette augmentation.

Légitimement, l’USR pouvait donc être satisfaite de ce très bon résultat, hélas, relativement controversé avec une participation à la première manifestation du 22 février plutôt favorable (toutefois, absence des retraités hors de la circonscription d’Aurillac) et aux deuxième et troisième manifestations des 19 avril et 14 juin trop faible. Le moral était de nouveau en berne et pourtant « bien que touchée, la bête n’a pas été tuée », bien heureusement ! 

L’USR consciente des difficultés pour porter ses actions à la connaissance de la population cantalienne s’est inspirée d’une réflexion née d’une réunion de la section des retraités « Multipro » en tout début d’année. L’idée est toute simple : puisque les retraités ne viennent pas à la CGT, que la CGT aille à leur devant ! 

La Commission exécutive a donc décidé de rencontrer les cantaliennes et les cantaliens en organisant des réunions-débats sur des thèmes d’actualité : les retraites, la sauvegarde de la sécurité sociale, le maintien des services publics, les mesures fiscales (taxe d’habitation et foncière), la prise en charge du vieillissement,… Son but est de pouvoir échanger et, surtout, de recueillir les aspirations de la population, de manière à pouvoir s’en inspirer et bâtir nos luttes avec efficience. 

La première réunion a eu lieu le 24 mai 2018 à Aurillac, à la salle de Brouzac. Y ont été conviés les habitants des quartiers alentours à l’appui de 1200 invitations distribuées dans les boites aux lettres. Malgré un succès en demi teinte, nous renouvellerons cette initiative dans d’autres quartiers de la ville, puis l’élargirons à d’autres secteurs du Cantal. La prochaine réunion aura lieu à Saint-Flour. La date est à déterminer avec l’Union locale de ce secteur.

Les retraités battent donc la campagne !

Qui osera dire à présent que les retraités sont des inactifs ? 

Andrée Rouchy – Journal le Travail n°446

 

octobre 26, 2018