Simone Veil, le libre choix d’une maternité

Simone Veil illustre avec une grande dignité la déportation des juifs de France revenus des camps de concentration. Elle incarne aussi pour toute une génération le combat des femmes pour le libre choix de leur maternité. Présidente du parlement européenne, elle représente une volonté européenne.

La reconnaissance du droit à la liberté sexuelle a donné lieu, au XXe siècle, à des affrontements passionnés. Il y eut d’abord celui de la pilule anticonceptionnelle, destinée à permettre aux femmes d’avoir la maîtrise du choix du moment de leur maternité. L’instauration du « Planning familial », puis l’adoption en 1967 de la loi sur la contraception, dite loi Neuwirth, du nom du député qui en fut l’initiateur, ont reconnu à la femme le droit à une sexualité détachée de toute reproduction. 

La loi votée par le Parlement le 28 décembre 1967 autorise la contraception par voie orale et abroge la loi du 31 juillet 1920 interdisant toute contraception.

Près de 10 ans plus tard, en 1975, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, la loi défendue par Simone Veil, ministre de la Santé du gouvernement Chirac, est votée et promulguée. Elle autorise sous certaines conditions l’interruption volontaire de grossesse en effet, seulement lorsque la femme enceinte « estime que sa grossesse la place dans une situation de détresse ».

Au cours d’une des batailles parlementaires les plus passionnelles de toute l’histoire de l’Assemblée nationale, face à un grand nombre de députés hostiles, Simone Veil fait preuve de conviction, de courage et de ténacité.Estimant qu’aucune femme ne recourt à l’avortement de gaieté de cœur, elle déclare devant les députés qu’il s’agit de lutter contre une injustice et de conserver à la vie sa valeur suprême.

La loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, défendue par des femmes pour les femmes, est votée grâce à la ténacité de la ministre.

Sa durée d’application est néanmoins provisoire : une période  de 5 ans. Elle a été reconduite en décembre 1979 et complétée, en décembre 1982, par le remboursement de l’IVG par la Sécurité Sociale. 

 

mars 8, 2017