Plan pauvreté de Macron

Plan pauvreté de Macron : Quelques mesures symboliques pour tenter de faire oublier que la pauvreté n’est que la conséquence des politiques économiques menées par ce gouvernement d’ultra-libéraux.

8 milliards d’euros sur 4 ans pour 9 millions de défavorisées, c’est une blague ? 

Des mois de concertation lancée tous azimuts pour conclure au final à un plan sans ambition. Un plan pauvreté qui a 11 mois de retard et qui en plus ne devrait entrer en application qu’en 2020.

Outre que 2 milliards d’euros par an pour les pauvres (qui sont 9 millions) c’est (un tout petit peu) moins 5 milliards d’euros par an pour les (quelques centaines de milliers de) très riches, c’est 2 milliards d’euros ont été en plus piqués en réalité au budget de l’emploi qui baisse d’autant à travers en particulier la division par deux des emplois aidés et la suppression de 4 000 emplois à Pôle Emploi.

Un plan de lutte contre la pauvreté n’a de sens que s’il est accompagné de moyens conséquents et d’un traitement global des facteurs qui conduisent à la pauvreté : emploi, logement, retraites, lutte contre l’isolement, aide à l’autonomie, soutien à la parentalité et à la petite enfance, accès aux soins, accès aux droits, à tous les droits. Pour rendre effectif une telle approche globale il eut fallu doter les services de Pôle Emploi, des missions locales, des CAF, de moyens conséquents. En lieu et place on supprime les emplois : 4 000 à Pôle Emploi, 2 000 dans les CAF, qui ne font que compléter les milliers de suppressions de postes qui sont devenues la norme depuis des années.

Création d’un « service public de l’insertion » et à la préparation d’un « revenu universel d’activité » qui fusionnerait les prestations sociales. 

C’est à dire ? Quid des spécificités, quid de nos missions de service public, qui fera quoi et surtout avec quels moyens ?

Ils veulent créer un « choc d’accompagnement », explique-t-on à la délégation interministérielle contre la pauvreté. Depuis 2008, les dépenses de RSA ont augmenté de 8% pour les départements (à qui la faute, quand le chômage, la précarité et la pauvreté explosent à cause de LEUR POLITIQUE). Pendant le même temps les dépenses d’insertion et d’accompagnement ont baissé de 40%.

Il existe aujourd’hui deux parcours pour les bénéficiaires du RSA : un « parcours vers l’emploi » assuré par Pôle Emploi. Et un « parcours social » assuré par la CAF et les départements. L’idée du plan : proposer un accompagnement social référent, soit d’un autre dispositif par appel à projets mené par le département. Au passage les CAF ont disparu, alors qu’elles sont un acteur central de tous les dispositifs d’aide et d’insertion. Scandaleux !

En somme il faudra faire beaucoup plus avec beaucoup moins : équation absolument insoluble. Sans compter que personne ne dit comment il faudra faire, avec qui ? 

Des services déjà submergés, des conditions de travail tellement dégradées qu’elles rendent le quotidien compliqué, une activité à flux tendu, un manque de moyen qui ne permet déjà plus de faire face à l’afflux des demandes. C’est dans ce contexte où la vision gestionnaire et étriquée de quelques mandants complètement déconnectés des réalités, où les suppressions d’emplois se multiplient qu’il est demandé de mettre en œuvre un « accompagnement global ». De qui se moque-t-on ?

Communiqué de la Fédération des Organismes Sociaux

septembre 21, 2018