Nouvelle attaque contre le Service Public de proximité

Journal le Travail n°450

Le Conseil départemental du Cantal publie « Cantal avenir » pour les cantaliens. Mais c’est l’avenir du Cantal qui est en jeu !

Sous couvert d’optimisation, ils entendent revoir les bases mêmes du Service Public départemental, qui, bien que perfectible, a le mérite d’exister!

Le premier domaine que les élus du Conseil départemental du Cantal veulent déstructurer est celui des services « Routes »!

Tout pourra être remis en question, rien ne serait interdit ! Deux contrats coûteux avec des sociétés de « consultants » ont été signés pour objectiver les décisions qu’ils veulent prendre !

Mais, à aucun moment, il n’est envisagé de considérer le modèle cantalien comme une base, un modèle pour les autres collectivités qui ont recours à ces sociétés de consultants ! Et, en ce début d’offensive, les départements cités, sur lesquels pourraient s’appuyer ces professionnels de la réorganisation, sont : l’Ille-et-Vilaine, l’Hérault ou encore le Gard ! Il est vrai que leur profil (population, reliefs du département,…) et les conditions météorologiques constituent des points communs avec notre département !

Sur le fond, et en faisant une impasse sur toutes les parties qui pourront concerner les conditions de travail des agents de ces services, les propositions listées dans un premier document auraient de véritables conséquences négatives pour les cantaliens et toutes les populations que la collectivité dit vouloir attirer pour s’installer dans le Cantal !

Seraient par exemple visées les implantations territoriales : aujourd’hui, les services « routes »sont répartis sur 22 centres routiers, techniques, regroupés en antennes, puis agences, plus administratives, puis le parc départemental et son annexe à St-Flour.

Dans le cadre de la réorganisation envisagée et avec l’aval du président et du DGS, des scénarii avec suppression de structures pourront être présentés! Nos « anciens » avaient implanté ces services, globalement au niveau des anciens cantons, avec des effectifs adaptés aux kilomètres de routes à entretenir et aux conditions météo locales.

Quelle réorganisation peut modifier l’altitude d’une route, le nombre d’intervenants, notamment en hiver, nécessaires pour assurer une circulation sécurisée des usagers (scolaires comme non scolaire) ? Quelle argumentation pourrait justifier que les missions spécifiques des agents du parc départemental, à partir d’Aurillac et de St-Flour auront la même qualité si elles devaient être regroupées sur un seul des deux sites ? Sinon à revoir à la baisse la qualité, le niveau de Service Public départemental !

Autre point qui impactera directement ou indirectement l’usager, le contribuable : le travail en régie, celui effectué directement par des salarié(e)s de la Fonction publique.

Là encore, quand la position jusque-là était de le privilégier, dans la limite du niveau de service que les élus ont décidé et des moyens disponibles, tout est envisageable ! Et là se posent les vraies questions : soit le Conseil départemental a les moyens financiers, et dès lors, il pourra payer des prestations extérieures plus chères que le travail en régie (l’entreprise privée intervenante intégrera dans sa facture la marge bénéficiaire pour son développement ou la rentabilité de ses actionnaire), soit les moyens sont constants et la commande devra être moindre (un même budget devra régler les marges bénéficiaire au détriment du volume de travail!).

Au-delà de ce paramètre, qui pourrait sérieusement penser que les entreprises ainsi contractualisées interviendrait dans les mêmes détails que les agents sur place?

Exemple : les nids de poules ! En fonction de leur dangerosité, nos services interviennent au plus vite (selon les conditions climatiques) sans avoir la contrainte de rentabiliser le travail. L’entreprise, elle n’interviendrait qu’avec la garantie que le transport de l’enduit sera rentable : et en attendant, l’usager roulera pendant des semaines, des mois sur des routes rendues plus dangereuses par manque d’entretien ! Et ce principe s’appliquerait pour d’autres activités : glissières de sécurité, les agents du CD interviennent régulièrement pour remplacer celles accidentées ou détériorées et rendre plus sécurisées les routes concernées. L’entreprise attendra, sinon à facturer plus chère son intervention dite d’urgence, d’avoir suffisamment de glissières à remplacer pour rentabiliser l’activité.

juillet 1, 2019