Mine de Tungstène

Le permis exclusif de recherche annulé, la réouverture de la mine se pose toujours comme un enjeu industriel, social et écologique.

Le permis exclusif de recherches (PER) de mines de Tungstène dans l’Ariège (mine de Salau), octroyé le 21 octobre 2016 à la société Variscan Mines a été annulé le 28 juin 2019 par le tribunal administratif de Toulouse. La CGT qui depuis le début du projet est favorable à la réouverture de la mine sous certaines conditions sociales, sanitaires et environnementales, prend acte de la décision du tribunal administratif d’annuler le PER d’octobre 2016 de la mine de Salau. Le tribunal administratif a jugé le 28 juin 2019 par le tribunal administratif a jugé que le Secrétaire d’Etat à l’industrie avait entaché sa décision d’erreur d’appréciation en ne vérifiant pas que Variscan Mines n’avait pas justifié des capacités financières auxquelles la société s’était préalablement engagée pour l’exploration de la mine. Ni la question de l’amiante, ni la question environnementale n’ont été examinées par le tribunal administratif.
Malgré cette décision, la CGT est en attente des résultats de l’expertise indépendante qu’elle avait obtenue, devant évaluer si de l’amiante est présente dans la mine. Par ailleurs, la CGT exige de l’État d’œuvrer à la dépollution immédiate du site, en contraignant les derniers exploitants de la mine avant sa fermeture en 1986, d’assumer leur responsabilité environnementale. Enfin, la CGT exige également de l’État d’avoir une véritable stratégie en termes d’indépendance du pays pour son approvisionnement en minerais, importés en totalité à ce jour.
Avoir une véritable stratégie de relance minière implique que l’État prenne la main et ne laisse pas le terrain libre à des intérêts privés. Évaluer les besoins en métaux primaires tenant compte des possibilités de recyclage, évaluer les réserves disponibles, organiser une exploitation raisonnée des ressources, mettre en place une législation plus protectrice socialement (code minier par exemple) et de l’environnement, sont autant de sujets sur lesquels l’État doit intervenir.
D’autre part, stratégie minière et stratégie industrielle sont étroitement liées. En effet, reconquérir une industrie en France doit se concevoir en se souciant de toute la chaîne de valeur des produits que nous produisons et nous consommons. Il faut sortir de la logique capitaliste dont le seul but est la rentabilité, le profit quel qu’en soit le coût social et environnemental. Repenser une industrie qui réponde aux besoins, favorisant les circuits courts, respectant les droits sociaux et tenant compte des enjeux environnementaux est une des solutions de la transition écologique.
S’agissant du tungstène, la France importe la totalité de ses besoins. Or, on ne peut ignorer que le tungstène est un métal stratégique utilisé dans de nombreux produits et qu’il est incontournable pour les transitions écologique et numérique. On ne peut aussi ignorer que le tungstène est majoritairement extrait dans des pays où des travailleurs, voire des enfants, sont exploités et où les impacts environnementaux sont désastreux.
Comment envisageons-nous collectivement les transitions écologique et numérique en France ? Campagnes vertes et villes hyper connectées pour la France qui importerait tout ce qu’elle consommerait – d’ailleurs quelles qu’en soient les conditions et les conséquences ?
Ce n’est pas la vision de la CGT !
Le PER de la mine de Salau a été annulé par le tribunal sur la forme. Pourtant, beaucoup de questions de fond ne sont pas abordées. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ouvrir une mine en France est un enjeu environnemental lorsqu’on réfléchit de manière globale. Par ailleurs, c’est aussi un enjeu stratégique car elle assurerait une indépendance économique sur l’approvisionnement en tungstène pour la France. Enfin, c’est un enjeu industriel et de revitalisation d’un territoire car il y aurait une opportunité de développer une filière industrielle d’extraction et de valorisation de tungstène en Ariège, département particulièrement touché par la désindustrialisation.  
Pour toutes ces raisons, même après la décision du tribunal administratif, la CGT continuera de porter le projet de la mine de Salau afin qu’il devienne possible et n’écartera aucune solution (nouveau PER, appropriation publique de la mine, etc.).

Communiqué de presse de la CGT du 26 juillet 2019

juillet 30, 2019