L’Institut d’Histoire Social de la CGT du Cantal

Les projets :

Le bureau de l’IHS, conformément aux décisions prises lors des réunions précédentes, annonce qu’il va prochainement éditer un « Cahier d’Histoire Sociale » et que ce premier numéro sera consacré à Mai 68.

D’autre part, dans le contexte de défiance actuel, tout en continuant d’assurer nos missions dans la
formation syndicale de l’UD, nous nous devons de rechercher d’autres partenariats (Archives Départementales, Université Inter-âge, médiathèques, musées…) et renforcer nos liens avec l’IHS
national et les autres IHS de la région.

Jean-Claude Mollard fait état des regrets exprimés par Eliane Bressol (ancienne présidente de l’IHS
national) qu’il n’y ait pas une participation plus importante des IHS locaux aux initiatives nationales.
Serge Mazières est souvent allé aux diverses rencontres thématiques, qui n’ont cependant pas de
caractère statutaire, et entretient des relations suivies avec le bureau de l’IHS national.

Plusieurs membres du bureau participeront cette année aux rencontres nationales qui auront lieu du 28 au 31 mai à Super-Besse. Pour terminer, et toujours dans le but d’enrichir la réflexion et l’action syndicale, le bureau a commencé à travailler sur d’autres thèmes de recherches : les prémices du syndicalisme des fonctionnaires, le rôle central des ouvriers du bâtiment dans les conquêtes sociales, l’histoire du syndicalisme CGT dans la région de St-Flour, les premières élections de la Sécu et la visite d’Ambroize Croizat à Vic-sur-Cère…

Bilan expo « Femmes 1918 – 2018 » : 

Aurillac, Massiac, mai 2018.Partout dans le monde, de Paris à Afrin (Kurdistan), de Malte à Moscou, de Rio de Janeiro à Bangalore (Inde), des femmes courageuses sont assassinées en raison de leur engagement politique, syndical, contre la corruption, pour la dignité. Dans de nombreux pays, et nous savons bien que rien n’est jamais acquis chez nous aussi, les droits de la moitié féminine de la population sont loin d’être respectés.

Le libéralisme économique, sa recherche de profits sans limites et ses conséquences sur les dérèglements du climat, la misère, les guerres incessantes, font d’elles les
premières victimes. Avec la présentation de l’exposition «1914-1919 L’autre front, Les femmes au travail», réalisée par l’IHS-Fédération Nationale des Travailleurs de l’Etat – CGT dans le cadre des célébrations du centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale, et les débats organisés autour
de la place des femmes au travail aujourd’hui, l’Institut d’Histoire Sociale CGT du Cantal espérait offrir l’occasion aux Cantaliens et particulièrement aux syndicalistes, de s’emparer de ces questions qui sont actuellement au cœur des débats de société (libération de la parole des femmes, réforme du droit du travail). Nous avons d’abord ajouté deux panneaux à cette exposition nationale afin de démontrer, si besoin était, la réalité historique, dans le Cantal, des combats des femmes pendant cette guerre.

L’exposition a été présentée à Aurillac, avec le soutien des services culturels et communication de la
mairie que nous remercions encore pour leur professionnalisme et leur disponibilité (mise à disposition
de locaux, de personnels, impression des affiches, envoi des invitations), dans le hall du centre Pierre Mendès-France. Les nombreux utilisateurs du musée, du conservatoire de musique et danse, des services jeunesse et les visiteurs occasionnels auront pu la découvrir du 30 avril au 8 mai. Deux temps forts ont été programmés sur les lieux mêmes.

D’abord le jeudi 3 mai, une présentation publique (25 personnes présentes) par Serge Mazières et
Patrick Bec (président et secrétaire de l’IHS 15), en présence de Mme Loubeyre qui représentait la municipalité, suivie d’une conférence-débat. A noter que Mme Lutic, inspectrice d’académie, Mmes Beaudrey et Besombes, conseillères départementales, M. Bourgoignon, Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, et Eric Debuire, secrétaire général de l’UD CGT s’étaient excusés de leur absence. Nous pouvons remercier aussi Hélène Meignin du journal La Montagne ; son article est paru le 8 mai (photo 3). Michèle Baracat, présidente des IHS CGT Limousin et IHS CGT Education (à midi était prévu un dîner-rencontre avec les militant(e)s du bureau du SDEN; nous étions 3 !) a retracé la chronologie des progrès et des reculs des droits des femmes depuis la Révolution jusqu’aux ordonnances sur le droit du travail. La vingtaine de personnes venues (dont 2 membres du CA de l’IHS et le secrétaire départemental du SDEN), majoritairement des femmes, a pu ensuite donner son point de vue ou apporter des témoignages sur les difficultés actuelles ou à venir subies par les femmes pour conserver des droits si chèrement obtenus. Les discussions se sont poursuivies autour d’un verre et d’un buffet offerts par la mairie d’Aurillac.

Deuxième rendez-vous aurillacois, le dimanche 6 mai, en partenariat avec le musée d’art et d’archéologie. Paméla Brobst, médiatrice, annonçait à la dizaine de visiteurs (à noter la présence de Mme Grandjean, Office National des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre) en cette après-
midi ensoleillée, le programme de ce dimanche au musée sur le thème de la Première Guerre Mondiale et les liens entre une expo sur les femmes en 14-18 et une expo d’une femme peintre de la guerre de 14- 18. Patrick Bec présentait rapidement l’exposition de l’IHS et évoquait les événements cantaliens dont témoignent nos deux panneaux. Brigitte Lépine, ancienne conservatrice du musée, après avoir rappelé la précédente riche collaboration avec Serge Mazières pour l’exposition sur le Front populaire, guidait le public à travers l’exposition «Figures de l’indicible», une installation des œuvres de l’artiste Thérèse Bisch. Enfin, Laurent Brunel expliquait quelques objets de sa collection exposés au musée comme un écho aux peintures de Thérèse Bisch mais aussi à l’évocation des ouvrières aurillacoises (la vareuse du poilu) qui, protestant contre une injustice faite à un soldat blessé pillèrent l’appartement du commandant de gendarmerie, puis, sans l’aide des réseaux sociaux numériques, se rassemblèrent à plus d’un millier dans les rues de la ville pour dénoncer les profiteurs de guerre, attaquèrent des boutiques de commerçants malhonnêtes et précipitèrent le départ du préfet Hélitas surnommé « la main qui retient » à cause des soupçons de malversation sur les subventions destinées aux œuvres de solidarité.

A Massiac, grâce à Sophie Rieuf, directrice du musée d’art Elise Rieuf, l’exposition a été installée
dans la médiathèque intercommunale du 9 au 17 mai. Une après-midi de rencontres a été organisée à Massiac le vendredi 11 mai à l’occasion de sa présentation publique.

A 14 h Jacques Chantelot, président de l’association Massiac Loisirs et Culture, a réuni une vingtaine de personnes venues de Massiac, Neussargues ou St-Flour, à la maison des associations pour évoquer la vie, la personnalité de Anne Bizeau (institutrice pacifiste, syndicaliste et féministe qui a vécu à Massiac de 1915 à 1946, dont l’engagement et les réalisations sont l’objet de l’un des deux panneaux édités par l’IHS Cantal) et partager la lecture de quelques-uns de ses poèmes publiés dans l’ouvrage « Souvenance ». A 15 h 30, Serge Mazières et Patrick Bec ont présenté l’exposition à la médiathèque et en particulier les 2 panneaux ajoutés par l’IHS 15 sur la révolte des femmes d’Aurillac en 1917 et l’action d’Anne Bizeau et du syndicat d’institrices et d’instituteurs CGT qu’elle venait de créer à Massiac en 1915.
A 17 h, le musée d’art Elise Rieuf accueillait une bonne partie du groupe pour une visite guidée du musée consacré à l’œuvre d’Elise Rieuf et à la peinture de femmes, trait d’union entre l’expo et le débat qu’il accueillait à 18 h. 30 personnes étaient présentes autour de Josette Roudaire, syndicaliste CGT auvergnate, qui à travers son parcours personnel de femme et de syndicaliste (mai 68, égalité salariale, conditions de travail, reconnaissance des victimes de l’amiante, gestion Sécurité Sociale) a ouvert une riche discussion sur l’évolution de la place des femmes jusqu’à aujourd’hui. Les salaires (encore 25 % plus bas), la dévalorisation de certains métiers occupés par les femmes (les invisibles), les carrières, mais aussi la liberté sexuelle, la contraception, la libération de la parole et la lutte pour la dignité, le respect, la question de la transmission des valeurs et des traditions, le poids des religions, ont été évoqués avant le vin d’honneur offert par le musée et la dégustation de friandises, confectionnées par un homme, Jacques Chantelot, pour conclure cette journée.

Du 17 au 24 mai, toutes les classes du collège Pierre Galery visiteront l’expo avec leur professeur d’histoire, Lilian Pouysegur, et pourront à leur tour débattre de ce sujet avec Michel Cortay, concepteur
de l’exposition nationale, qui sera présent à Massiac le jeudi 24 mai. Suite à cet événement massiacois, des contacts sérieux ont également été pris avec la bibliothèque de Riom-ès-Montagnes qui envisage de louer l’exposition à l’automne et demanderait à l’IHS Cantal d’organiser une rencontre. A suivre…

mai 21, 2018