Intervention du 14 décembre

Cette journée de mobilisation à l’appel de la CGT s’inscrit dans le processus de luttes engagé depuis plusieurs années depuis plusieurs années et dont les dernières étapes ont été les 9 octobre, 24 novembre et 1er décembre. Les revendications s’entrecroisent mais elles convergent toutes vers l’objectif d’agir pour une augmentation immédiate des salaires, des pensions et de la protection sociale! 

Depuis des décennies, le niveau de vie des salariés, des privés d’emplois et des retraités se dégrade. La préoccupation grandissante d’une majorité de la population est simplement de savoir comment boucler les fins de mois.

L’écart se creuse de plus en plus entre la majorité de la population et les plus riches pour lesquels le gouvernement a des égards sans limites : suppression de l’ISF, baisse des cotisations sociales et crédits d’impôts du type CICE. 

La baisse des financements publics, combinée aux privatisations des services publics, accroît la fracture sociale et les inégalités entre les territoires, en laissant de plus en plus de citoyens sans services publics de proximité.

Ainsi, dans le Cantal, les suppressions de liaisons ferroviaires, très pénalisantes pour l’accès à Paris notamment impactent directement l’ensemble de la population, en particulier les étudiants..

Les citoyens cantaliens n’ont plus accès, dans de trop nombreuses villes du département au service public de proximité des finances, Laroquebrou et Montsalvy étant les dernières victimes. Même constat pour la Poste qui ferme bureau de poste sur bureau de poste tout en percevant le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) de la part de l’Etat.

La dégradation des conditions de travail dans les services hospitaliers et dans les EHPAD a pour résultat, du côté des agents, de porter atteinte à la possibilité de bien faire son travail de soignant ; elle porte aussi atteinte à leur santé car les agents sont régulièrement victimes d’épuisement professionnel, comme l’indique le nombre d’arrêts maladie qui monte en flèche. Dans ce contexte, les patients, usagers du service public de santé, et non pas simples clients, subissent eux aussi les effets de cette dégradation des conditions de travail.

Depuis longtemps les décisions politiques ignorent cette réalité et les gouvernements successifs s’entêtent dans la même direction libérale. Nouvelle preuve de ce libéralisme, le gouvernement Macron a décidé la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, suppression qui s’accompagne du recours aux contrats précaires dans toutes les fonctions publiques. 

Dans l’Education nationale ce sont près de 3000 suppressions de postes qui ont été annoncées, alors m^me que notre système scolaire ne cesse, année après année, de baisser dans les classements internationaux. La prochaine réforme du Lycée Général va avoir pour effet d’instituer la norme de 35 élèves par classe. Cette norme est déjà instaurée dans les lycées du Cantal au niveau des calsses de seconde mais elle va bientôt se généraliser à tous les niveaux. La réforme du lycée Professionnel qui suivra celle du Lycée Général sera du même acabit. Comme à l’hôpital, les agents de l’Education Nationale sont mis à rude épreuve. Eux aussi sont victimes d’épuisement professionnel parce qu’ils se battent pour continuer à bien faire leur travail alors que leur employeur public ne leur en donne plus les moyens. A travers la dégradation de leurs conditions de travail c’est leurs élèves que le gouvernement méprise, comme il méprise les patients de l’hôpital public.

Localement encore, des études sur l’entretien routier sont menées par le Conseil départemental pour « optimiser », comme ils disent, ce secteur, quand toutes les études démontrent, que ce soit sur le réseau routier national que local, un besoin grandissant de moyens supplémentaires. En attendant, les chaussées se dégradent, et l’ont fait comme si le drame de la ville de Gênes en Italie ne pouvait pas se produire en France.

Toutes ces mesures, techniques en apparence impactent directement l’usager, le citoyen et créent des disparités en augmentant l’enclavement des territoires comme al Cantal.

Cette politique qui « tire » toujours sur les plus fragiles au profit des plus riches, creuse les écarts entre les citoyens. Elle est socialement injuste et son injustice, comme toute injustice, fait naître et croître la colère parmi une part grandissante des citoyens.

Le mouvement des gilets jaunes est le produit de cette injustice que la CGT dénonce depuis des années. Il ne s’agit donc pas aujourd’hui pour la CGT de « récupérer » cette colère populaire. Cette colère, nous l’avons devancée depuis longtemps et nous la partageons. 

Le mouvement des gilets jaunes est aussi le produit du mépris que les gouvernement successifs ont adressé au monde syndical depuis des années, en opposant systématiquement une fin de non-recevoir aux revendications qu’il portait en faveur de la justice sociale.

En affaiblissant ainsi le rôle du monde syndical, les gouvernements libéraux apparaissent aujourd’hui comme les principaux responsables de la violence qui s’étend partout dans le pays. La réponse policière n’est pas une réponse appropriée au traitement de l’injustice sociale dans notre pays. L’ampleur inédite de cette réponse, avec des mobilisations policières sans précédents et des arrestations préventives scandaleuse lors de la mobilisation nationale du 8 décembre dernier, indiquent que le gouvernement n’a toujours pas pris la mesure de la réalité. Il se tourne désormais vers l’unique réponse de la répression et il choisit de continuer à faire grandir la colère des citoyens.

La violence des mouvements sociaux actuels n’est pas la première violence. La première violence c’est celle que le grand patronat fait subir aux classes populaires en organisant la précarisation des travailleurs et leur paupérisation. Cette violence n’est pas médiatique. Elle est discrète, mais elle est douloureusement vécue par toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à boucler leur fin de mois, travailleurs pauvres ou retraités percevant des pensions indécentes, ou encore par tous les privés d’emplois mis au ban de la société.

Tout l’enjeu pour notre organisation est que la colère qui alimente ce climat de violence puisse se transformer en un rapport de force qui permettra d’exiger et d’obtenir de réelles avancées sociales ; une société juste dans laquelle chacun peut trouver sa place et qui reconnait l’égale dignité de chacun.

Le samedi 1er décembre, journée nationale de lutte contre la précarité et pour l’emploi à l’appel de la CGT et d’associations, a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de manifestants sur l’ensemble du territoire dont 15 000 à Paris pour exiger l’ouverture immédiate sur la revalorisation du Smic et des minima de branches , l’arrêt du recours massif aux contrats précaires et une meilleure couverture par l’assurance chômage, en lieu et place des baisses programmées.

A ce propos, la CGT exige également que la réunion de la Commission Nationale de la Négociation Collective de ce jour, 14 décembre, sur le Smic et les minimas de branches soit un véritable rendez-vous de négociations.

Elle exige aussi une augmentation de tous les salaires à hauteur de 300€, la suppression du CICE ainsi que le rétablissement de l’ISF. La CGT soutient aussi le mouvement lycéen et étudiant dans son refus de la plateforme d’orientation Parcoursup, véritable dispositif de sélection à l’entrée de l’université.

La CGT adressera un courrier en ce sens au gouvernement en lui demandant notamment de décider une augmentation significative du smic pour le porter à 1800€ brut, ainsi qu’une revalorisation des minima sociaux et des pensions. 

Une pétition en ligne reprend l’ensemble de ces revendications pour les salaires, les pensions, l’emplois, les retraites et la protection sociale. Nous invitions de vous de la signer et à la faire partager :

 https://www.cgt.fr/petition/nos-besoins-doivent-etre-entendus-je-signe

La CGT invite l’ensemble des travailleurs du privé et du public, des privés d’emplois, des retraités, des lycéens, des étudiants à décider collectivement des modalités d’actions pour envisager et préparer les différentes mobilisations nécessaires à la construction du rapport de force.

décembre 14, 2018