Continuité syndicale et complémentaire santé

A priori, pas de relation directe entre l’une et l’autre, et pourtant !

Depuis 1993 et la « réforme Balladur », qui a fait passer le calcul de la retraite dans le secteur privé sur les 25 meilleures années, au lieu de 10 auparavant, entraînant ainsi une baisse importante de la pension, TOUTES les décisions politiques concernant les retraités, qu’elles soient dues à un gouvernement de droite ou à un gouvernement dit de gauche, ont eut pour effet, soit d’augmenter le nombre de trimestres nécessaires à l’obtention d’une retraite complète, et donc de retarder l’âge, soit de diminuer le montant des retraites, quand ce n’était pas les deux à la fois.

Le Président Macron n’a pas voulu être en reste. Une de ses premières décisions a été d’augmenter la CSG, y compris pour de petites retraites lorsque leurs bénéficiaires ont la « chance » d’avoir un conjoint un peu mieux loti. Si, pour les salariés en activité, cette augmentation doit être en partie compensée par une baisse des cotisations salariales (avec pour effet non avoué la diminution des recettes de la Sécurité Sociale), rien n’est prévu pour les retraités qui voient donc baisser leur pouvoir d’achat.

A cela s’ajoute la récente décision (du moins dans son annonce) de ne pas augmenter les retraites en 2018, alors que l’inflation est supérieure à 2% et de désindexer leur revalorisation, en fixant d’ores et déjà les augmentations pour 2019 et 2020 à 0,3% sans tenir compte des salaires. Et puis, n’oublions pas la sanction financière temporaire, appelé « malus », dont seront victimes les retraités du secteur privé qui prendront leur retraite à compter de 2019, puisqu’il est prévu pour eux de leur retenir 10% du montant de leur retraite complémentaire AGIRC-ARRCO les trois premières années. C’est loin d’être neutre financièrement parlant. L’objectif annoncé est clair : inciter les assurés à prolonger leur activité professionnelle. En effet, pour échapper à ce malus, il faudra différer son départ à la retraite d’une année (exemple : 63 ans au lieu de 62 ans).

Le pouvoir d ‘achat des retraités va donc encore baisser dans les années à venir, avec toutes les conséquences sur la santé, le logement, les transports, les loisirs,… Les retraités ont donc toutes les raisons de manifester leur mécontentement et leur colère. Et pourtant ! 

Pourtant, lors du passage à la retraite, de trop nombreux salariés se détournent du syndicalisme, soit qu’ils n’ont jamais été syndiqués, préférant récolter sans effort les acquis des luttes, soit qu’ils démissionnent de leur organisation.

La CGT, qui mène la lutte et les rassemblements des retraités avec son Union Confédérale des Retraités et qui est toujours largement majoritaire dans les manifestations, subit cette désaffection. Dans le Cantal, moins de 1% des retraités sont syndiqués à la CGT, malgré la situation qui ne cesse de se dégrader, et les efforts fournis par les syndicats locaux qui prennent différents initiatives : un an de cotisations offert, un an d’abonnement à VIE NOUVELLE offert, etc…

Pour apporter un plus à ses adhérents, et pallier en partie la baisse de leur pouvoir d’achat, l’USR (Union des Syndicats Retraités) CGT du Cantal a mené pendant plusieurs mois des négociations avec des complémentaires santé.  Depuis quelques semaines, elle est en mesure de proposer un contrat de groupe, un « VRAI », c’est à dire que la cotisation est identique pour tous et n’augmente pas en fonction de l’âge du bénéficiaire, avec un très bon rapport qualité/prix et des possibilités optionnelles en prévoyance (qui ne font pas partie du contrat). 

Certes, un nombre significatif d’entre nous sont déjà adhérents à une mutuelle, souvent celle de leur entreprise (MG, MNH, MNT, par exemple) et il n’est pas question de « cracher dans la soupe » ni de dénigrer ces mutuelles, mais de proposer une opportunité à ceux qui n’ont pas de complémentaire et d’offrir une alternative aux autres, ainsi qu’aux salariés en activité qui ont actuellement un contrat de groupe dont ils ne bénéficieront plus une fois à la retraite.

Deux conditions : être syndiqué à la CGT et être retraité.

Aussi n’hésitez pas à vous renseigner, soit auprès de votre syndicat, soit auprès de l’USR CGT 15. 

octobre 26, 2018