Arrêts de travail : encore des sanctions pour les salarié·e·s !

Arrêts de travail : encore des sanctions pour les salarié·e·s !

Publié le 21 fév 2019
Pour maîtriser les dépenses d’indemnisations des arrêts de travail, le rapport Bérard-Oustric-Seiller préconise que ce soit encore les travailleurs qui trinquent et payent.

La CGT ne peut être qu’en opposition avec l’analyse et les préconisations qui sont faites dans ce rapport réalisé à la demande du premier ministre.

Ce n’est plus à prouver : l’augmentation constante des arrêts de travail est d’abord due à l’allongement de l’âge du départ en retraite. Qui peut ignorer que la réalité de l’entreprise et ses modes d’organisations ne génèrent que pénibilité et souffrance au travail, et ne fait que s’aggraver avec l’âge. Ce constat a même contraint le gouvernement a concédé une négociation sur la santé au travail.

Autre facteur, concernant les arrêts de courtes durées, là aussi il n’est plus à prouver que c’est la seule échappatoire pour nombre de salariés pour ne pas finir en burn-out.

Au lieu de s’attaquer aux causes réelles, notamment une organisation du travail où l’être humain est exclu des réflexions au profit de la seule productivité, ce rapport, dans son analyse et ses préconisations, ne fait que mettre les travailleurs en accusation. Il ne préconise rien d’autre que des sanctions !

  • rendre obligation un ou plusieurs jours de carence ;
  • individualiser les indemnités journalières ;
  • remettre à plat la durée d’indemnisation ;
  • renforcer les contrôles ;
  • mettre en place un « parcours » arrêt maladie ;
  • travailler de chez soi quand on est en arrêt…

Ces préconisations sont des régressions sociales inacceptables. Pas surprenant, quand on sait que le pilote de ce rapport est DRH d’une multinationale !

Il est bien fait mention de quelques préconisations quant aux entreprises mais on est sur de l’intentionnel et de l’incantatoire, aucunes obligations ne sont faites aux entreprises, à l’exception des modulations des charges patronales (surtout leur baisse !), pour les entreprises « vertueuses », encore une fois c’est la mise à mal du financement de notre sécurité sociale au profit des entreprises.

Aucun doute, si ce rapport trouve sa traduction en l’état dans une loi, les travailleurs seront doublement victimes, en arrêt maladie parce qu’en souffrance, sanctionné parce que malade.

Montreuil, le 21 février 2019

février 27, 2019